Honoré Daumier à Bercy

Daumier (1808-1879) consacra une partie importante de son œuvre au vin. Ses carnets de comptes indiquent des achats répétés en particulier de vins de Bordeaux. Achetait-il ses vins à Bercy qu’il évoque sur plusieurs lithographies ? Les crues de la Seine, les vins coupés d’eau, les vins frelatés ne donnent pas une excellente image d’une profession où les meilleures pratiques côtoyaient probablement les pires.
Daumier connaissait assurément Bercy et l’univers des canotiers auquel il consacra une série de vingt lithos dont certaines se rattachent au vin ou à Bercy.
Daumier n’était pas l’auteur des légendes mais certaines restent savoureuses, comme celle du toast porté par un canotier un peu éméché : « Messieurs ne retournons pas à bord sans porter un dernier toast en l’honneur de deux des objets qui contribuent le plus à charmer notre existence… buvons aux dames et au veau froid… »


Une lithographie sur dix marque la présence du vin dans ses aspects les plus différents : les cafés ; les restaurants ; les vendanges ; les raisins malades ou les petits propriétaires… dont une légende :
« C’est mon vin, je l’ai récolté moi-même, il ne s’agit que de s’y faire » fait inévitablement penser à ces productions de balcons, de terrasses ou de treilles que le propriétaire récoltant d’aujourd’hui ne trouve pas mauvais, voire pas mauvais du tout…
