Les origines

Les origines de Bercy

Plan dit de Bâle de Olivier Truschet et Germain Hoyau – 1551

Le nom de Bercy apparaît pour la première fois en 1134, dans l’acte de donation de Louis VI le Gros au couvent des bénédictines de Montmartre, fondé par sa femme Adélaïde de Savoie, d’une terre nommée Insula de Bercillis.

Cette terre formait une île comprise entre la Seine et un vaste étang, dénommé la Fosse au XVe siècle, qu’un cours d’eau alimentait avant de se jeter en aval dans le fleuve. Cette fosse et son canal étaient peut-être un vestige de l’ancien lit de la Seine, dont le tracé reste encore visible sur certains plans du XVIII ͤ siècle.

En 1172, une seigneurie naissante l’évoque, lors d’une seconde transaction, sous l’appellation de la Grangiam de Bercix avec ses dépendances. D’après l’abbé Jean Lebeuf (1687-1760) historien et érudit, diverses altérations d’écriture auraient transformé le mot de Bercix en Mercix puis en Merciers.

Auteur d’une étude historique sur Bercy, L. Descombes avance l’hypothèse qu’un bâtiment abritant les récoltes gardées par des messiers (gardes chargés de surveiller les cultures) aurait donné le nom de Grange-aux-Messiers puis, par déformation, aux Meciers à cette seigneurie.

Un passage des Grandes Chroniques de Saint-Denis relate que, le 11 juillet 1358, le roi de Navarre, Charles le Mauvais, rencontra le régent de France, Charles, fils du roi Jean II le Bon, et qu’une escarmouche eut lieu à la Grange-aux-Merciers entre les deux parties.

Composée d’un hôtel et de ses dépendances, cette luxueuse propriété pouvait accueillir une quarantaine de cavaliers et leur suite. Elle fut vendue, en 1398, à Jean, duc de Berry, qui y reçut à maintes reprises son frère, Philippe le Hardi, lors des nombreux séjours qu’il fit dans l’hôtel appartenant aux Bourgogne, situé à Conflans.

Reliant la Seine à la rue de Charenton, la rue de la Grange-aux-Merciers perpétua le souvenir de cette résidence jusqu’en 1875, année au cours de laquelle elle reçut le nom de Nicolaï (déformation de Nicolaÿ), maire de la commune de Bercy de 1821 à 1830.

En 1316, l’existence d’une tour, la Turrim Berciaco, est mentionnée pour la première fois, lors de la donation par Philippe le Long d’une garenne à sa belle-mère Mathilde, comtesse d’Artois. Sa présence est confirmée dans un aveu du 16 mai 1383 rendu par Pernelle-de-Villiers, dame de Montmorency et de Villiers-le-Sec, au seigneur de Yerres dont relève la terre de Bercy. Il est dit notamment que : « nul étranger ne peut ni doit aller pour pâturer, sur peine de l’amende et d’être pris et mené prisonnier en la tour dudit Bercy ».

Fief seigneurial et geôle, cette tour appartenait à un ensemble de constructions décrit dans ce même aveu comme : « … un grand hôtel, manoir, cour, cave, four, colombier, grange, étables, bergeries, pressoir, tout le lieu, comme il se poursuit, clos de murs et nommé l’hôtel de Bercy… »

Fief seigneurial et geôle, cette tour appartenait à un ensemble de constructions décrit dans ce même aveu comme : « … un grand hôtel, manoir, cour, cave, four, colombier, grange, étables, bergeries, pressoir, tout le lieu, comme il se poursuit, clos de murs et nommé l’hôtel de Bercy… »

De Pernelle de Villiers, dame de l’Isle Adam, 3ème épouse de Charles Ier de Montmorency (Grand Pannetier du Roi, Maréchal de France), la terre de Bercy passera (acte de partage de 1372) aux mains de cette très illustre famille. Guillaume de Montmorency la cède en 1485 à Antoine Robert, notaire, secrétaire du roi, greffier au tribunal du Parlement de Paris. A la mort de ce dernier, en 1521, la seigneurie revient à sa sœur Anne,qui épouse vers 1530  Jacques de Malon, Contrôleur du grenier à sel de Vendôme.  Les de Malon, anoblis en 1468 par Louis XI, conserveront la seigneurie de Bercy, qui couvrait alors 229 arpents (environ 115 hectares) jusqu’à son démembrement en 1809.

Blason de la famille De Malon

« D’azur à 3 canettes d’or »
« D’argent à 3 canettes de sable »

Titres : marquis de Bercy ; seigneur de Jupeaux, de Conflans, d’Aulys, de Putereau, de Croisches, de Charenton et de La Grange-aux-Merciers.